Hyper-attachement chez le chien

Mise en situation
«Je ne comprends pas. Parfois mon chien Socrate se comporte très bien pendant mes absences et parfois je retrouve des dégâts un peu partout dans l’appartement. L’autre jour, il avait fait des selles molles dans le salon, ainsi qu’au sous-sol. Sans compter que la voisine l’a entendu japper pendant quelque temps. Je ne comprends pas pourquoi un jour il se comporte comme un grand, et qu’à mon arrivée tout est impeccable, et que l’autre jour c’est tout le contraire ».

Pourquoi?

À première vue, nous pourrions penser que « Socrate » présente des signes reliés à un état d’hyperattachement. « Socrate » a de la difficulté à trouver un équilibre lorsque tout le monde est parti, lorsqu’il se retrouve seul à la maison.
C’est ainsi que certains propriétaires pourront retrouver la mousse des divans un peu partout sur le plancher du salon, des bas, pantoufles déchiquetées à leur retour à la maison.

Dans le cas d’hyperattachement le chien ne fait pas des dégâts chaque fois que les propriétaires s’absentent, comme dans le cas de l’anxiété de séparation. Il peut y avoir des périodes où le chien ne fait aucun dégât. « En dehors de toute circonstance stressante, l’individu peut ne rien exprimer, mais de manière aléatoire pour le propriétaire, des dégâts ou des vocalises peuvent intervenir. »  C. Mège, Pathologie comportementale du chien, page 103.

De plus, les  mictions (pipis) ne sont pas faites contre un mobilier, comme dans les cas d’anxiété de séparation, mais bien un peu partout dans la maison.  Le chien peut japper longtemps lorsque les propriétaires sont absents, seulement pendant une courte période, ou être tout simplement silencieux.

En présence d’hyperattachement, le chien est bien lorsqu’il se retrouve sur les genoux de son maître, ou de toute autre personne réconfortante de son environnement, lorsqu’il est couché sur le lit, lorsqu’il ne se retrouve pas seul… les propriétaires vont le qualifier de « pot de colle ».

Lorsqu’il ne voit personne, il n’a pas faim, les croquettes ne sont pas très bonnes, il ne mange pas. Il cherche, peut détruire, il peut même uriner, japper… dépendant de son état d’âme à ce moment précis. Parfois, il est sage, parfois, c’est le désastre.

Pourquoi moi? Pourquoi mon chien agit de la sorte?

Il peut y avoir plusieurs raisons, la  nature étant ce qu’elle est, certains chiens ont hérité d’un pouvoir d’adaptation déficient causé par la génétique, et sont donc plus vulnérables tout au cours de leur vie, plus anxieux. Tout changement les perturbe. Par contre, il est certain que derrière toutes ces manifestations se cache un petit chien en détresse et nous devons l’aider. Par ces agissements, il appelle à l’aide.

Le quotidien : On sait tous que nos journées de travail sont bien remplies et que rares sont les propriétaires privilégiés qui peuvent aller au travail avec leur animal de compagnie ou encore avoir une nounou à la maison. Quant à notre ami « Socrate »…  il était seul, n’avait aucun réconfort, il a pleuré on ne l’a pas entendu, …. l’inévitable est arrivé…. Il a déféqué au beau milieu du salon, a jappé pendant une heure et lorsque ses propriétaires arriveront il est certain que la voisine téléphonera… encore une fois!

Que faire? Que ce soit un problème relié à une anxiété de séparation ou à de l’ hyperattachement, car il y a beaucoup de similitudes, il est évident que les punitions ne feront qu’augmenter l’anxiété de notre compagnon.

Pourquoi? Parce que votre chien « Socrate » vit le moment présent. Il ne se rappelle plus les dégâts qu’il a faits ce matin, cet après-midi ou ce soir. D’ailleurs, à votre arrivée, il est tout excité, il saute, il aboie, halète, vous avez de la difficulté à le contrôler.

Afin d’éviter que la situation empire, que votre relation se détériore avec votre animal de compagnie, il est important de consulter, et ce, dès que vous reconnaissez ces symptômes chez votre chien.

Pourquoi ne pas punir l’agressivité ?

  • La punition enseigne seulement l’évitement elle n’enseigne pas au chien quoi faire.
  • Les chiens ne comprennent pas pourquoi nous punissons, ce que nous voulons, ils comprennent seulement que nous sommes imprévisibles et que nous leur faisons peur.
  • 90% des cas d’agressivité sont causés par la peur.
  • La punition endommage le lien de confiance animal/humain
  • Il est démontré que la punition inhibe la capacité de penser clairement, d’apprendre, de se souvenir, de résoudre des problèmes, de choisir.
  • Elle augmente le stress, l’anxiété, la frustration, la peur, la colère; qui est la cause des comportements agressifs.
  • Si le chien est déjà craintif il y aura escalade.
  • Si le chien est confiant il va se défendre.

La punition augmente l’agression!

Les réflexes de défense

Les réflexes de défense sont des comportements exprimés devant une situation subite et dangereuse. Ces comportements réflexes sont gérés par le cortex primitif et sont stimulés par la production rapide d’hormones, principalement de l’adrénaline. Devant une situation de danger, l’animal ou l’homme, réagira de la même manière. Les réflexes sont une réponse, inconsciente, involontaire et automatique.

FIGER : Le corps fige, l’immobilité est complète. Certaines espèces sont passés maître dans l’immobilité et utilisent ce réflexe de défense à chaque fois qu’elles sentent leur vie menacée. Le tatou, le porc-épic et la tortue sont de bons exemples. En situation de stress, tous les animaux figent pour une période plus ou moins longue, avant d’opter pour le réflexe de la fuite.

FUIR : Le corps se crispe, les jambes se bandent et en un éclair, il disparaît. La fuite est un réflexe de survie qui a fait ses preuves. Mais il faut fuir rapidement et fuir longtemps. Les prédateurs sont stimulés par le mouvement, il faut donc être jeune et en santé pour vaincre le prédateur. Les jeunse et les vieillards n’ont pas cette chance. Ils ont le réflexe de fuir mais le font pas assez rapidement, au grand plaisir des prédateurs affamés. Pour sa part, le chien est trop souvent attaché et peut difficilement exprimer ce réflexe; c’est alors qu’il opte pour la défense.

SE DÉFENDRE : Le corps est prêt. Dents, griffes, cris, regard… tout est mis en branle pour se montrer plus gros, plus fort… Prêt à se défendre, prêt à se battre. Lorsque la fuite n’est n’est plus possible,il faut se défendre, il faut attaquer. Tous les coups sont permis. Le plus gros l’emporte. Les animaux énormes et pourvus de défenses ne dépensent pas trop d’énergie à la fuite, ils se défendent tout de suite car ils en ont la force.

FAIRE SEMBLANT : Certaines espèces excellent dans l’art du faire semblant : simulation de blessure, de mort subite… afin que l’ennemi les laisse tranquille.

L’anxiété de séparation chez le chien de compagnie

L’un des problèmes les plus communs affectant le chien familier est l’anxiété de séparation. Cette condition explique presque tout le comportement destructeur du chien et demeure la raison première des animaux de compagnie qui se retrouvent dans des refuges, qui passent de maison en maison et même, souvent, qui sont euthanasiés. Toute personne ayant vécu ce problème avec son chien de compagnie sait combien il est difficile de le surmonter.

L’anxiété de séparation est un ensemble de comportements qui se développent en raison d’un entraînement non approprié, parce que le propriétaire s’attend à ce que le chien pense et réagisse comme les êtres humains. L’anxiété de séparation peut se développer chez un chien adulte tout aussi facilement que chez un chiot et commence habituellement quand le chien arrive dans sa nouvelle maison.

Très tôt, durant les premiers jours et les premières semaines, quelqu’un est toujours avec le nouvel animal de compagnie: vous pensez qu’il ne doit jamais être seul… vous répondez à tous ses désirs. Une formule est alors établie.

La plupart des propriétaires voient ceci comme la façon la plus « aimable » de traiter leur nouvel animal de compagnie – la théorie du « nous resterons avec lui jusqu’à ce qu’il s’ajuste », répondant à chacun de ses besoins. S’il pleure, on le prend; s’il cri dans sa cage ou son enclos, on le sort; s’il hurle la nuit, on lui permet de dormir dans notre lit. Tous les comportements du chien sont récompensés mais… « seulement jusqu’à ce qu’il s’ajuste ». Il est, après tout, seulement un bébé!

Vient alors le jour magique où le propriétaire décide que la « période d’ajustement » est terminée, qu’il est temps que sa finisse. Qui changera de comportement vis à vis le chien et comment celui-ci est-il supposé le comprendre? Il est un chien.. il ne raisonne pas comme nous! Soudainement il est laissé seul – peut-être dans une cage, peut-être dans un enclos ou peut-être même libre dans toute la maison.

Son maître est parti. Que fait alors le chien? Regarde-t-il sa montre en se disant qu’il sera de retour dans deux heures? Non! Il est un chien… pas un humain. Il ne connaît pas le temps. Il fait simplement et exactement ce qu’il ferait si le maître était à la maison et temporairement hors de sa vue. Il fait exactement les mêmes choses qu’il avait faites pendant que son maître était là: il pleure, il hurle. Cette fois-ci cependant, personne ne vient le prendre. Personne n’est là pour lui donner un biscuit ou l’amener dans un lit confortable et chaud. Alors il pleure et hurle de plus en plus fort, mais personne ne vient.

Où sont ses propriétaires? Il a été abandonné! Il panique! Il tente de trouver une façon magique de s’en sortir, grugeant la porte de sa cage, déchirant le tapis ou grattant frénétiquement la porte de la maison. Puis il entend un bruit familier. Tous ses hurlements et ses comportements destructifs sont enfin récompensés. Son maître lui est revenu! Il est débordant de joie et de soulagement. Il court le saluer. Le propriétaire constate alors tout le désordre: « Mais qu’est-ce que tout ceci? » et se met à crier de colère: « Mauvais chien ! » Il peut même aller jusqu’à frapper le chien. Celui-ci aura été puni seulement parce qu’il a été sincèrement heureux de voir son maître. Maintenant il est vraiment confus et toute la confiance qu’il avait placée dans son propriétaire s’est envolée par la fenêtre.

Le chien répète le scénario la fois suivante. Il a déjà été conditionné à réagir. Il deviendra paniqué et destructif. Le propriétaire revient mais cette fois-ci cependant le chien est très peu disposé à courir vers lui. Il veut désespérément être pris et consolé mais il se rappelle s’être fait grondé. Puisqu’il ne fait plus confiance en son maître, il rampe vers lui, la queue et la tête basse: il a peur de se faire frapper. Le propriétaire est alors convaincu que le chien sait exactement qu’il a mal agit, juste à regarder son attitude coupable.

Ce comportement s’aggrave chaque fois que le chien est laissé seul. Toutes les punitions, les cris et les médicaments du monde ne changeront pas la façon dont le chien a été conditionné. Éventuellement, d’autres problèmes s’ajoutent et ils sont tous reliés entre eux. Le chien peut mordre quand il est mis dans sa cage et sent qu’il sera laissé seul; il peut aussi uriner et déféquer dans la maison. Peu importe ce que le propriétaire essaie, le chien devient de plus en plus « mauvais ». La solution? Se débarrasser du chien ! Mais non ! La solution est de prévenir tout ceci. C’est ce que nous allons voir.

Premièrement, en tant que nouveau propriétaire d’animal de compagnie, vous devez être sûr que l’éleveur possède assez de connaissances pour avoir éduqué et dirigé les chiots sur la bonne voie. Les chiots doivent avoir été socialisé, avoir confiance et faire confiance aux humains.

Ensuite, pas même pendant un seul instant vous ne devez traiter ce chien comme un petit être humain dans un manteau de fourrure. C’est un chien ! Ceci ne veut pas dire que vous ne pouvez pas l’aimer de tout votre cœur. Ça signifie que vous devez comprendre et respecter le fait qu’il ne pense pas ou ne réagit pas comme vous!

Mon conseil aux nouveaux propriétaires est de commencer immédiatement avec la routine et les règles qui seront exigées du chien toute sa vie durant. Oui, il y aura une période d’ajustement jusqu’à ce que le chien ou le chiot connaisse sa nouvelle famille et son environnement. Avoir une routine et des règles bien établies fournira au chien la sécurité et la stabilité dont il a besoin pour s’ajuster. A moins que vous ne soyez certain qu’il ne sera jamais seul, et ceci n’importe quand durant sa vie (ce qui est vraisemblablement impossible), vous faites mieux de commencer immédiatement à le conditionner à rester seul pendant certaines périodes. Si il doit passer du temps dans sa cage, commencer graduellement à utiliser la cage dès maintenant. Le chien a besoin de faire confiance en son maître et son autorité. Il a besoin de connaître les limites et de savoir que les règles ne changeront pas à mi-chemin. Cette connaissance lui donnera confiance. Elle lui permettra de vivre une vie exempte d’anxiété, de stress et de peur. Il développera un respect profond et durable envers ses propriétaires, ce qui amènera une relation basée sur la confiance mutuelle.